La réalité, en tant que corps symbolique médiatisé par des pratiques discursives, est également médiatisée par le discours de l’idéologie dominante, qui détermine ce qui peut être dit et comment doit être dit. Ainsi, le langage ne décrit pas seulement le monde, mais organise quels corps et quelles expériences comptent, créant une hiérarchie sensible.
Il y a un type de sujet qui gère le discours et tant d’autres sujets dont la parole est arrachée. Les voix marginales apparaissent dans ces pratiques linguistiques où le rythme, le corps, la pulsion sont prédominants ; et la rationalité, qui les avait toujours laissées de côté, passe au second plan. À partir de ces prémisses, nous nous posons la possibilité d’un autre mot qui se donne dans le langage de la littérature, capable de démontrer que l’irruption du rythme n’est pas un simple jeu esthétique, mais un acte de sabotage politique : il casse la syntaxe attendue pour démanteler cette hiérarchie, nous forçant à écouter ce que le système avait relégué dans l’obscurité.
De cette façon, l’art se présente comme un terrain privilégié pour l’émergence de nouvelles voix qui déstabilisent la primauté du sujet moderne et sa rationalité excluante.
Conférence de Julia Rico Frías, résidente, doctorante en philosophie, Universidad Complutense de Madrid.