La vallée de Cuelgamuros est sans doute le lieu de mémoire le plus controversé de l’Espagne démocratique. Après un bref rappel de son histoire, il s’agira d’évaluer la place qu’occupe ce monument singulier, à la fois ossuaire et mausolée depuis 1975, dans les politiques de mémoire du régime démocratique – ou plutôt en son absence possible jusqu’à des dates récentes.Les mémoires de la vallée évoluent selon les préoccupations de la société espagnole dans leurs présents. Aujourd’hui, les tentatives de redéfinir la signification de la Vallée posent le problème du « patrimoine inconfortable » hérité de la dictature dans le régime démocratique.
Conférence de Stéphane Michonneau, historien spécialiste de l’Espagne et des relations entre histoire et mémoire. Il est professeur à l’université Paris-Est Créteil. Il a été directeur d’études à la Casa de Velázquez (Madrid) entre 2009 et 2015. Ses recherches se concentrent sur les mémoires collectives, abordant des domaines tels que les guerres napoléoniennes, le nationalisme espagnol, la guerre civile espagnole et le franquisme. Entre 2020 et 2024, il coordonne le programme ANR Ruines, consacré à l’étude des usages sociaux et politiques des ruines de guerre du XVIe au XXIe siècle. Il a également participé au concours international organisé par le gouvernement espagnol pour la réidentification de la vallée de Cuelgamuros (anciennement Valle de los Caídos), dans le cadre de la loi sur la mémoire démocratique.